LS-005 – Scully c. Poirier

février 10, 2010

Débat LS-005 : Qui, entre l’agent Dana Scully et Claude Poirier le vrai négociateur, réussirait à éradiquer le problème des gangs de rue à Montréal?

John Marinara : L’agent Dana Scully a survécu à 2 enlèvements extra-terrestres, plusieurs hordes de supersoldats, une séquestration par Duane Barry et environ 200 épisodes aux côtés de David Duchovny à l’époque où la dépendance au sexe de ce dernier avait atteint son paroxysme. Cette beauté naturelle, du moins avant de se faire charcuter le visage par un chirurgien maxillo-facial entre les 5e et 6e saisons de X-Files, ne craint à peu près rien sauf le cancer, Flukeman, l’enlèvement de son enfant, les poupées possédées, les nécrophiles cannibales, les profanateurs de sépultures, les démons transgenres, Pierre Lebeau et les sectes sataniques.

Tout le monde sait que dans un climat aussi hostile que celui de Montréal Nord, la violence s’avère le moyen de communication le plus efficace. Sur le terrain, l’agent Scully n’hésiterait pas à dégainer son arme dès la première menace. Comme toute figure d’autorité qui se respecte, elle ouvrirait aveuglément le feu sur le premier enfant brandissant violemment une barbe à papa aux couleurs des Bloods. Elle développerait sans doute un sixième sens lui permettant d’anticiper toute situation de danger. Ainsi, un rassemblement de personnes âgées à la sortie d’une église de la Petite Bourgogne en plein dimanche après-midi se verrait rapidement dissipé par une intervention du SWAT et du directeur Skinner, défonçant le crâne d’une octogénaire haïtienne impertinente à l’aide de sa propre marchette.

La polémique entourant l’affaire Villanueva n’aurait jamais pris une telle ampleur si l’agent Scully avait été en service lors des événements, puisqu’aucun témoin n’aurait survécu pour rapporter sa version des faits. La plantureuse rousse aurait vidé plusieurs chargeurs en direction des jeunes contrevenants en plus d’abattre l’employé de la poste qui terminait son trajet non loin de là, méprenant le logo de sa chemise pour l’emblème des Crips. En s’enfuyant avec les corps dans le coffre de sa Chevrolet Impala du SPCUM, elle en profiterait pour happer mortellement les participants d’âge préscolaire d’un camp de jour, identifiés par des dossards rouges.

En revenant chez elle, le soir venu, elle rédigerait tranquillement un faux rapport pendant qu’une voix hors champ traduirait son texte en français avant même qu’elle l’ait tapé à l’ordinateur et qu’une toune de piano dramatique composée par Mark Snow jouerait en trame sonore. Le lendemain matin, elle remettrait le document de façon subtile à Gérald Tremblay, fumant une Morley après l’autre dans un coin mal éclairé d’un stationnement sous-terrain, une enveloppe brune à la main.

Paul Gravy : Marinara rêve en secret de faire partie des Lone Gunmen et fantasme sur Gillian Anderson depuis l’école primaire.

Il me paraît évident que la communication constitue le moyen le plus efficace pour ouvrir les frontières de l’incompréhension : je doute de la pertinence des frontières du réel dans un tel débat.

La ville a besoin de quelqu’un qui puisse agir à titre d’intermédiaire entre les différentes communautés ethniques. Quelqu’un qui maîtrise aussi bien le créole que le saguenéen et qui fait preuve d’une grammaire irréprochable : j’ai nommé Claude Poirier. Il suffit d’écouter la qualité de ses interventions à LCN pour réaliser à quel point le vrai négociateur manie les mots tel un virtuose de l’éloquence. Ce dernier parvient à décoder tous les messages laissés sur sa boîte vocale par des téléspectateurs aussi ouverts d’esprit qu’éduqués, en plus de leur ouvrir les yeux sur des sujets aussi délicats que la collecte des ordures dans les rues de la métropole. Je suis convaincu que la verve légendaire de ce justicier autoproclamé suffira à raviver la flamme entre les différentes communautés ethniques et l’autorité. L’impartialité de ses propos à l’égard du travail des policiers témoigne d’une grande objectivité qui sera d’une aide précieuse à la lutte contre la xénophobie.

Le vrai négociateur pourrait simplement patrouiller les rues de St-Michel en uniforme d’officier qu’il aurait lui-même confectionné et instaurer le respect aux jeunes voyous en leur racontant comment il est devenu un véritable héros aux yeux des 12 lecteurs assidus du Allo-police. Je l’imagine facilement fumer des cigarettes toute la soirée devant les portes du bar le Tapis rouge et insister pour que tous les clients lui remettent leurs armes et remontent leurs pantalons avant d’entrer.

Puisque le SPCUM refuse de lui confier un revolver et des gyrophares depuis qu’il en a fait la demande en 1976, le superhéros de TVA a malheureusement dû se rabaisser à côtoyer Geneviève St-Germain et ses idées féministes de bas niveau sur le plateau de Deux filles le matin. Intérieurement, il sait qu’on finira par récompenser ses efforts et qu’on le proclamera un jour directeur du Service de Police de Montréal par pitié reconnaissance.

*** NDLR : Nous nous excusons si nos propos ont pu offenser l’agent Scully et sa famille de quelconque façon. Cette parodie d’Aux frontières du réel se voyait en fait un hommage à la série à laquelle nous vouons un véritable culte. Poirier, on s’en sacre de l’avoir offensé, anyway y’est toujours en maudit pis il va penser qu’on souligne son excellent travail.

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Débat LS-004 : Qui, entre Jacques Demers et Geneviève St-Germain, a le plus de chances d’être servi en repas à Des kiwis et des hommes?

Paul Gravy : N’étant pas un très grand amateur de hockey, je dois avouer que les commentaires des analystes me divertissent souvent beaucoup plus que la partie elle-même lorsqu’on m’invite à boire de la bière dans un bar sportif. Un soir de décembre, j’ai été frappé par une constatation des plus dérangeantes devant l’un des 95 écrans plasma de la Station des sports sur Sainte-Catherine : le double menton de Jacques Demers a l’air foutrement délicieux. Particulièrement en HD.

La vision de cette tendre bavette de chair, oscillant de façon hypnotique alors qu’il baragouinait une analyse sur la défensive du Canadien, a réussi à stimuler mes glandes salivaires en plus de me faire perdre tout intérêt pour les banales ailes de poulet gisant devant moi. L’image de fraîcheur dégagée par cette pièce de viande gavée à la riboflavine et aux nachos du Centre Bell, vibrant à la moindre secousse telle une motte de lard sur la tête de Michael J. Fox, ferait pâlir de jalousie le dude rasé qui parle la bouche pleine dans sa publicité de prosciutto mariné aux agents de conservation.

J’imagine très facilement Francis Reddy devenir émotif en mordant dans son tournedos de Jacques, alors qu’il discute de l’importance de l’allaitement paternel avec ses invités. Boucar poursuivrait avec un savoureux trait d’esprit que personne de comprend et s’en suivrait une rafale de compliments ambigus, de chaque bouts de la table. Lorsqu’à la fin de l’émission, la vendeuse de graines du Marché Jean-Talon s’inquièterait d’avoir retrouvé une bague de champion de la Coupe Stanley dans son assiette, Martin Picard du Pied de cochon cesserait un moment de se curer les dents avec un os pour lui apprendre entre deux rots qu’elle a consommé du sénateur.

Notre entraineur-bovin n’aura peut-être pas déposé beaucoup de lois au sénat, mais on ne peut nier que son parcours représente un poignant témoignage d’espoir pour tous les analphabètes du Québec : avec un peu de détermination, vous aussi pourrez finir dans le gros intestin d’un animateur atteint du syndrome d’Asperger.

John Marinara : En plus d’avouer qu’il fréquente les bars sportifs, temples de l’abrutissement et de la nourriture décongelée dans la friteuse, Gravy expose encore une fois son profond manque de classe. Crois-tu vraiment que les invités d’une émission aussi huppée que Des kiwis et des hommes se contenteraient de manger du vulgaire Jacques Demers? Ce John Candy de l’analyse sportive est à la viande humaine ce que le baloney est à la charcuterie.

Le public quinquagénaire de ce festival de la pipe en direct ne se nourrit que de la viande la plus noble. Gavée au chocolat Godiva et badigeonnée de milliers de couches de crème de nuit Lancôme, Geneviève St-Germain s’avère un gibier à perles de choix pour remplir les estomacs les plus avides. Icône du bon goût et du raffinement, la chubby-coqueluche de la boutique Ogilvy ne fréquente que les plus chics restaurants et les événements les plus en vogue chez les lecteurs de la revue Châtelaine.

Affichant fièrement ses dents tartinées de chair à saucisse Ste-Germaine, Boucar Diouf marmonne quelques mots inintelligibles à Francis Reddy. Vu le regard passionné qu’exhibe ce dernier, on devine facilement qu’il vient d’émettre un commentaire sur le plat qu’ils ont la chance de déguster en traitant de l’importance de dire « je t’aime » chaque jour à son camelot. Interrompant quelques instants le chef Martin Picard pendant qu’il se décrotte le nez avec les doigts de la vendeuse de graines du Marché Jean-Talon, Francis l’interroge sur la provenance de ce gibier exquis. Tous les invités apprennent alors de quoi résulte cet arrière-goût de fond de teint et de grossier snobisme.

Comme Gravy a volé ma conclusion lors du dernier débat pour créer un effet stylistique, je profite de ce manque d’inspiration pour le dénoncer et souligner le fait que, contrairement à lui, je ne m’abaisserai pas à un tel comportement. En plus, j’aurais dû choisir Demers, elle a même pas l’air bonne pour vrai cette bourgeoise-là.