LS-004 – Demers c. St-Germain

février 1, 2010

Débat LS-004 : Qui, entre Jacques Demers et Geneviève St-Germain, a le plus de chances d’être servi en repas à Des kiwis et des hommes?

Paul Gravy : N’étant pas un très grand amateur de hockey, je dois avouer que les commentaires des analystes me divertissent souvent beaucoup plus que la partie elle-même lorsqu’on m’invite à boire de la bière dans un bar sportif. Un soir de décembre, j’ai été frappé par une constatation des plus dérangeantes devant l’un des 95 écrans plasma de la Station des sports sur Sainte-Catherine : le double menton de Jacques Demers a l’air foutrement délicieux. Particulièrement en HD.

La vision de cette tendre bavette de chair, oscillant de façon hypnotique alors qu’il baragouinait une analyse sur la défensive du Canadien, a réussi à stimuler mes glandes salivaires en plus de me faire perdre tout intérêt pour les banales ailes de poulet gisant devant moi. L’image de fraîcheur dégagée par cette pièce de viande gavée à la riboflavine et aux nachos du Centre Bell, vibrant à la moindre secousse telle une motte de lard sur la tête de Michael J. Fox, ferait pâlir de jalousie le dude rasé qui parle la bouche pleine dans sa publicité de prosciutto mariné aux agents de conservation.

J’imagine très facilement Francis Reddy devenir émotif en mordant dans son tournedos de Jacques, alors qu’il discute de l’importance de l’allaitement paternel avec ses invités. Boucar poursuivrait avec un savoureux trait d’esprit que personne de comprend et s’en suivrait une rafale de compliments ambigus, de chaque bouts de la table. Lorsqu’à la fin de l’émission, la vendeuse de graines du Marché Jean-Talon s’inquièterait d’avoir retrouvé une bague de champion de la Coupe Stanley dans son assiette, Martin Picard du Pied de cochon cesserait un moment de se curer les dents avec un os pour lui apprendre entre deux rots qu’elle a consommé du sénateur.

Notre entraineur-bovin n’aura peut-être pas déposé beaucoup de lois au sénat, mais on ne peut nier que son parcours représente un poignant témoignage d’espoir pour tous les analphabètes du Québec : avec un peu de détermination, vous aussi pourrez finir dans le gros intestin d’un animateur atteint du syndrome d’Asperger.

John Marinara : En plus d’avouer qu’il fréquente les bars sportifs, temples de l’abrutissement et de la nourriture décongelée dans la friteuse, Gravy expose encore une fois son profond manque de classe. Crois-tu vraiment que les invités d’une émission aussi huppée que Des kiwis et des hommes se contenteraient de manger du vulgaire Jacques Demers? Ce John Candy de l’analyse sportive est à la viande humaine ce que le baloney est à la charcuterie.

Le public quinquagénaire de ce festival de la pipe en direct ne se nourrit que de la viande la plus noble. Gavée au chocolat Godiva et badigeonnée de milliers de couches de crème de nuit Lancôme, Geneviève St-Germain s’avère un gibier à perles de choix pour remplir les estomacs les plus avides. Icône du bon goût et du raffinement, la chubby-coqueluche de la boutique Ogilvy ne fréquente que les plus chics restaurants et les événements les plus en vogue chez les lecteurs de la revue Châtelaine.

Affichant fièrement ses dents tartinées de chair à saucisse Ste-Germaine, Boucar Diouf marmonne quelques mots inintelligibles à Francis Reddy. Vu le regard passionné qu’exhibe ce dernier, on devine facilement qu’il vient d’émettre un commentaire sur le plat qu’ils ont la chance de déguster en traitant de l’importance de dire « je t’aime » chaque jour à son camelot. Interrompant quelques instants le chef Martin Picard pendant qu’il se décrotte le nez avec les doigts de la vendeuse de graines du Marché Jean-Talon, Francis l’interroge sur la provenance de ce gibier exquis. Tous les invités apprennent alors de quoi résulte cet arrière-goût de fond de teint et de grossier snobisme.

Comme Gravy a volé ma conclusion lors du dernier débat pour créer un effet stylistique, je profite de ce manque d’inspiration pour le dénoncer et souligner le fait que, contrairement à lui, je ne m’abaisserai pas à un tel comportement. En plus, j’aurais dû choisir Demers, elle a même pas l’air bonne pour vrai cette bourgeoise-là.

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